Qui était Jean Cambon

 

Merci à Jean CAMBON pour le bon accueil donné à ce projet.

Jean CAMBON est né en novembre 1919 à Castres, d'un père tailleur originaire de l'Aveyron et d'une mère parisienne qui avait comme profession giletière. A l'age de quatre ans ses parents s'installe à Paris dans le 5ème arrondissement ou il passe sa jeunesse. A 7 ou 8 ans sa mère l'emmenait au Trocadéro et à la Gaîté Lyrique écouter les jeudis des opérettes et des opéras comiques. Son oreille fut formée par ces musiques. Le patronage que Jean CAMBON fréquente organise des spectacle pour les personnes âgées : Il y participe en tant que chanteur. A douze ans il chante "Vieni, Vieni" de Tino ROSSI devant 400 personnes à l'hospice de Nanterre. 

C'est un tel succès qu'il doit la rechanter 3 fois, sans micro ni accompagnement. Sa mère, dont le père était originaire de Anzat-Le-Luguet (Puy de Dôme) aime beaucoup la musique auvergnate. 

Le 14 juillet, ils vont en famille entendre l'orchestre de Martin CAYLA qui joue chaque année place de la bourse.Jean CAMBON remarque sur la scène un garçon de son age déjà très rond, comme lui en culottes courtes, et qui joue de la cabrette avec son bon sourire... C'est Georges CANTOURNET. Jean adore voir et entendre les orchestres. Il lui arrive de monter sur l'estrade pour être près des musiciens, comme il l'a vu faire par d'autres enfants au cours de sa carrière.

En 1935, toute la famille part en vacances en Auvergne au Breuil-Sur-Couze car sa mère veut retrouver la famille de son père. Ils "montent" à Anzat-Le-Luguet où ils retrouvent des cousins de son grand-père. Ne connaissant que la ville, Jean est émerveillé par les montagnes et la nature.

Mobilisé le 8 juin 1940, et après un séjour en chantier de jeunesse, c'est au Breuil-Sur-Couze qu'il retrouve ses Parents en février 1941. C'est dans ce village auvergnat qu'il est sollicité pour chanter bénévolement dans les soirées organisées au bénéfice des prisonniers. 

Il occupe alors divers emplois : maçon, puis ferrailleur lors de la construction de l'usine Ségédur à Issoire. Par la suite, habitant à Sainte Florine, il travaille dans une mine réouverte pour cause de guerre et qui se nomme "La Taupe".

 

C'est à ce moment là qu'il décide d'utiliser ses talents de chanteur à l'entracte dans les cinémas. Il apprend les rudiments de la guitare et il passe au cabaret "Le Montmartre" à Clermont-Ferrand.

Il rencontre un jour le célèbre dessinateur PEYNET à Brassac-Les-Mines dont il est originaire et où un musée lui est d'ailleurs consacré. Jean CAMBON a besoin d'une affiche à son nom et il accepte de la créer. PEYNET lui demande s'il doit la dessiner "à sa manière". N'imaginant pas une seconde que son coup de crayon deviendra si célèbre avec entre autre "ses amoureux" rencontrés et dessinés à Valence (Drôme), Jean préfère qu'il reste fidèle à la photo qu'il lui soumets. Naturellement ce dessin, il ne le signe pas. Lors d'une nouvelle rencontre quelques années plus tard à Paris, au cours d'un banquet auvergnat, il me caricature avec une aimable dédicace sur une enveloppe de tombola. Jean est surpris et ému par la simplicité de ce grand Monsieur.

Revenons à l'année 1943 ou il monte un trio avec deux amis : POLESE, accordéoniste d'origine italienne et SZAJNAR dit "Blond Blond" un yougoslave. Ils obtiennent des contrats sur Vichy, Clermont-Ferrand, Saint Etienne et même Montpellier. De nouveau mobilisé, il dois quitter ses amis. Libéré cinq mois plus tard, il reprend ses attractions dans les cinémas où il rencontre Paul CHALIER, récemment libéré lui aussi ; Ils sympathisent et ensemble ils tournent pendant six mois dans les cinémas de Bourgogne (Maçon, Chalon, Dijon, Beaune, etc...) grâce à la voiture qu'il a retrouvée à son retour. Il rejoint ses parents, alors à Vergongheon, puis arrivent le 6 juin 1944, le débarquement des alliés et la libération.


Une tournée est organisée par un imprésario de Clermont-Ferrand à laquelle Jean CAMBON participe comme chanteur-guitariste. Ils débutent par Limoges au Cirque-théâtre, l'actuel théâtre de la ville. Ensuite, Guéret où ils affichent complet et ils donnent une deuxième séance. Visitant la ville, Jean est reconnu chez un commerçant qui lui offre un poulet, un cadeau royal !... 

Les déplacements se font par le train, en wagon de voyageurs ou à bestiaux, selon les places disponibles, rares en cette période de guerre. Ils continuent par Lyon, Saint-Étienne, Bourg-En-Bresse et Lons-Le-Saunier. Ils découvrent dans les campagnes les traces des combats laissées par les chars de l'armée De Latte de Tassigny. Après ce périple, il rejoint ses parents à Vergongheon.

 


 

Invité au mariage de "Blond Blond" à la Combelle, il fais la connaissance de l'accordéoniste Marius GALVAING de Trizac (Cantal) qui lui offre de chanter dans son orchestre pendant la saison d'été. La formation rencontre un vif succès dans toutes les fêtes de villages d'Auvergne, particulièrement du Cantal. 

Il en sera ainsi pendant cinq ans, reprenant chaque hivers ses tournées dans les cinémas, ses tour de chant au cabaret "Le Montmartre" et à Radio Clermont Auvergne où Danièle GILBERT présentera ses dernières prestations sur cette radio. 

C'est pendant ces hivers qu'après ses passages aux cinémas de Mauriac et Laroquebrou, il part à Albi voir sa famille, puis à Toulouse où il découvre dans le cabaret "Le Speak Easy" la talentueuse Yvette HORNER accompagnée au piano par Georges MALET. L'année suivante, après un passage à Bourges au "Grand Café", il monte à Paris et participe à un concours réservé au jeunes professionnels organisé au cabaret "Le Club Des Cinq" faubourg Montmartre. C'est le grand SAINT-GRANIER qui lui remet le 1er prix : une enveloppe de 5000 Francs de l'époque.


Jean CAMBON se marie en 1949 avec une jeune fille rencontré à Trizac. Ce fut le premier mariage des huit enfants de la famille JOUVE. Ce 2 avril fut un grand jour pour eux, et aussi pour tout le village, le père de la mariée étant une figure du pays grâce à son métier de marchand de bestiaux. Le chemin qui les conduits à l'église fut encadré par la foule des grands jours. Devenu chef de famille, Jean se décide à accepter la proposition de son frère aîné de l'aider dans son activité de culottier à Maisons-Laffitte. La musique vient le rechercher en la personne de Louis PEGURI, célèbre accordéoniste, qui le fait participer à ses bals et galas d'accordéon où il rencontre les célébrités de l'époque : Émile PRUDHOMME, Marcel AZZOLA, André ASTIER, AIMABLE, Tony MURENA et Jo PRIVAT. Il passe ainsi "Salle Wagram", à "La Boule Rouge",... Il se partage alors entre ces deux activités.

Lors d'une visite à Martin CAYLA qui insiste une fois encore pour me présenter à Vincent SCOTTO, il retrouve Georges CANTOURNET qui vient de signer un contrat avec la maison de disque "Festival", patronnée par Radio-Luxembourg. Nous sommes en 1954. Les demandes de galas dans toute la France affluent et sa double activité, en plus de sa situation de père de famille, s'avèrent difficiles à gérer.

 


 

Le décès brutal de Georges, le 8 octobre 1961, alors que le succès de sa musique et sa personnalité sont au zénith (les ventes de disques atteignent le million) remet tout en question. Plus de deux années de contrats sont signé d'avance. Les musiciens le pressent de prendre une décision. Jean CAMBON a, sa femme et lui, 4 enfants : Philippe, Françoise, Charles et Frédérique dont Georges était le parrain. Les candidats à la succession sont nombreux. 

 

Il décide, en accord avec la maison "Festival" et du fils de Georges de continuer à honorer les contrats en gardant le nom d'"Orchestre Georges CANTOURNET". Ils enregistrent trois 45 tours sous ce label et assurent les bals prévus. A chaque fois, plus de 100 personnes restent devant l'orchestre sans danser. La voix nouée par l'émotion, Jean évoque alors sa mémoire et l'orchestre joue ses succès devant un public en larme. Beaucoup peuvent encore en témoigner.

Après cette période, il signe personnellement un contrat avec la maison "Festival", créant ainsi l"Orchestre Jean CAMBON". Tout en restant fidèle à la musique auvergnate, il imprime peu à peu sa personnalité sans renier jamais l'héritage de Georges.


Dès 1962, il passe à la télévision dans différents émissions. Il participe à la "Quinzaine Auvergnate" au "Concert Pacra", en vedette américaine avec Jean SEGUREL, ainsi qu'à une deuxième édition de cette "Quinzaine Auvergnate" avec Lina MARGY. La même année, le patron du "Concert Pacra", également propriétaire du cabaret "Chez ma cousine" à Montmartre me programme du 5 au 11 janvier 1966, en vedette avec Anny FLORE.

 

 

 

Son orchestre est composé maintenant de 7 musiciens dont René JOLY à l'accordéon et Christian BOISSONNADE à la cabrette et souvent, en supplément, 4 danseuses en costume auvergnat viennent ajouter, avec la chanteuse Denise REY, la touche folklorique qu'ils donnent à chaque gala.

La fête de la Fabrèguerie de Ledergues

C'est en 1958 que Jean CAMBON y viens pour la première fois avec Georges CANTOURNET.

Après sa disparition, c'est son orchestre qui assurera les festivités jusqu'en 1978.

Cette fête très ancienne attire des milliers de personnes, vacanciers et cultivateurs de toute la région. 

 


 

 

Encore un rendez-vous annuel de l'orchestre de Jean CAMBON pour le 14 juillet dans les jardins de la mairie d'Asnières où règne également une ambiance fabuleuse.

 


 

Toujours le 14 juillet à Asnières. L'orchestre à également été sollicité pour animer une réunion à la mairie pendant la campagne électorale du futur Président Georges POMPIDOU.


 

En plus d'une centaine de galas par an, des émissions de radio et de télévision, il participe à la tournée "l'Auvergne qui chante" en 1969, 1970 et 1971 qui se déroule tout le mois d'août à travers le massif central


Jean CAMBON enregistre également une vingtaine de 45 et 33 tours qui sont devenus par la suite des cassettes et des C.D.

 

Il serait trop long d'énumérer les anecdotes qui ont parsemé ces années, de 1961 à 1981, date à laquelle Jean CAMBON a cru arrêter sa carrière en se fixant à Dax.

S'interrogeant sur ses occupations passées, un ami bouliste, lui-même chanteur, le fait rentrer au "Cercle Choral Dacquois" où il passe d'agréables moments.

 


 

Reprenant goût a la chanson, il y rajoute des prestations dans les hôtels de la "Compagnie Thermale de Dax", soit seul avec sa guitare, soit accompagné de musiciens locaux.

 

Il passe néanmoins chaque été en Auvergne jusqu'à décides même d'acheter une petite maison à Trizac, le village natal de son épouse.

 

C'est au cours d'un de ces étés passés en Auvergne qu'il rencontre son ami Fernand CONSTANTIN, accordéoniste, lui-même ami de Georges CANTOURNET, et ancien chef d'orchestre pour les amicales auvergnates de Paris. 

Ils décident de jouer ensemble et il retrouve dans les bals les fidèles danseurs qui le connaissaient il y a 40 ans avec l'orchestre de Marius GALVAING. Ils obtiennent un certain succès dans les "bals à papa" de la région jusqu'en 1994 où Fernand décide de ralentir ses prestations.

 


C'est alors qu'une troisième jeunesse s'offre à Jean CAMBON par l'intermédiaire de trois jeunes frères et sœur : Il veux parler des "petits" PHELUTLaura, Sébastien et Frédéric qui sont originaire de Blesle (Haute-Loire) et voient en Jean un grand frère et l'entraînent dans leur sillage, c'est à dire à nouveau dans les bals et galas d'accordéon de Brioude, Parthenay, Aubigny-Sur-Nère, Le Mans,... où je retrouve tant de connaissances.

Ils participent à l'animation du célèbre "Bol d'Or des Monédières" à Chaumeil (Corrèze) en 1999. Avec eux il enregistre un CD en hommage à Georges CANTOURNET. Il participe au tournage de 2 vidéos et de 3 CD dont le dernier sera enregistré à l'occasion de la fête de Ledergues dans l'Aveyron qui se révèle être une suite à la fameuse fête de la Fabrèguerie.


 


 

Cette biographie lui a souvent été demandée. l'âge venant, il n'a pas osé repousser davantage le plaisir d'évoquer tant de souvenirs...

Jean CAMBON dédie cette page à son épouse, à ses enfants et petits-enfants qui durent faire face à ses nombreuses absences dues à sa profession. Il a cependant fait le choix de préserver son univers familial, refusant par là-même certaines opportunités.

http://pagesperso-orange.fr/mdcn/cambon.htm

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Dernière mise à jour de cette page le 19/05/2008