Le cabrettaïre aux doigts d'or

Christian Boissonnade

 

Christian Boissonnade c'est la gentillesse, le talent et la simplicité. Entre Christian, sa Cabrette et son accordéon, c'est une longue histoire d'amour…

"Notre Cabrette est délicate à entendre et à jouer, j'ai essayé de la rendre "Elégante" et sensible à mes sentiments de traditions".

C'est ainsi que Christian nous évoque ses cinquante ans de carrière…

 

 

Christian Boissonnade est né le 19 août 1936 à Vanves dans les Hauts-de-Seine. Originaire de Marvejols dans la Lozère, c'est en 1948 qu'il apprend la Cabrette avec Paul Faye.
Il débute avec la cabrette de son grand-père Etienne Boissonnade. Il joue sur un "39" en ivoire que son grand-père perça au tour à pied vers les années 1920 à Marvejols. Cette œuvre d'art est une pièce unique car Etienne n'a fabriqué que ce pied, sûrement avec les conseils avisés de Joseph Costeroste et Gasparoux avec lesquels il jouait à l'époque. Un peu plus tard, sur les conseils de Paul Faye, il achète un "42 Amadieu" chez Martin Cayla.

Etienne Boissonnade
(1856-1944)

Ses premiers pas dans le folklore sont avec Me Marie Lagriffoul et l'accordéoniste maître de danses Lucien Salesse du groupe "Pastres et Pastretos". Puis, il navigue de groupe en groupe, tour à tour il intégre"la Yoyette", les Corréziens de Paris, Lou Cabrettaire, le groupe de Lille, etc.
Il intègre le mouvement des accordéonistes et orchestres des amicales parisiennes, et en Lozère. Il joue son premier bal à Marvejols avec Germain Cros et Rascoussier puis accompagne au pays Jean Pons, Jean Chalvet, Aimé Rejis, Parmentier, Pierre Roux, Ernest Jaillet, Raymond Romieu, Rémi Remise et Marcel Pelat.
A Paris, suite de partages… Georges Garrigoux, Gustave Vigouroux, André Sabrier, Auguste Sabrier, Louis Majorel, Roger Capelle, Firmin Fanguin, Emile Gineston et Louis Costa, Adrien Bras André Thivet, Joseph Aigueperse, Georges Soule, René Laval, Parmentier père et fils aux "Barreaux Verts", Guy Letur, Fernand Constantin et les frères Brogmiart.

La Galoche d'Aurillac 1962

En 1956, il est un des membres fondateurs de l'association "Cabrettes et Cabrettaïres" au côté de Jacques Berthier, Georges Soule, Roger Aldebert, Jean-Louis Fournier, Marcel Marginier et François Hugon. Il occupe le poste de Trésorier. Cette même année, le soldat Boissonnade part pour l'Algérie.

 

Il rentre au mois de janvier 1960 et reprend avec son père, à Malakoff, le métier de "Layetier" puis petit à petit s'ajoutait un deuxième métier; celui de musicien.

Tournée Aveze 1966
Jacqueline Leybros

En 1962, après le décès de Georges Cantournet, Christian est appelé par Jean Cambon et partage une dizaine d'années avec lui sur les routes de France.
En 1966, ce sont les concerts PACRA, puis suivent les "Tournées Avèze" sous chapiteau en Auvergne et les Chovergnats au Bataclan.
Avec Jean Cambon, ils connaissent leurs meilleurs succès en public avec la chanson mimée "Le Train Bonnet".
Jean Cambon chante cette chanson assis sur le dos d'une chaise avec comme accessoires : un parapluie et un panier à provision (de bouche). Lorsqu'il ouvre ce panier, il se demande toujours ce qu'il va en sortir! Un jour son morceau de pain frais était remplacé par une croûte, la saucisse sèche par du boudin ou le vin par du vinaigre!

La Galoche d'Aurillac 1968

Un soir de concert PACRA, on lui subtilise son casse-croûte pour le remplacer par un petit chat qui, toutes ses griffes dehors bondit hors du panier le faisant chuter de sa chaise, les quatre fers en l'air, tandis que Christian lance des coulisses un tonitruent "St Flour tout le monde descend!".
Christian Boissonnade est devenu en quelques années le plus célèbre de nos Cabrettaïres. En 1972, Enrico Macias vient de créer une nouvelle chanson "J'irai jusqu'en Auvergne", il fait appel à Christian pour qu'il joue de la cabrette dans son disque. On le retrouve à la télévision à côté du célèbre chanteur, on le voit à "Midi-Magazine", "Télé-Dimanche", "Cadet-Rouselle".
Puis, il est sur scène pendant un mois à l'Olympia avec Enrico Macias, faisant entrer d'un seul coup l'Auvergne et la Cabrette dans notre plus grand music-hall ! Et la route continue avec son orchestre.

Christian et Jean Ségurel

On entend pour la première fois la cabrette dans un générique télé "les Jeux de 20h", et c'est Christian qui est sollicité avec sa Cabrette.

De 1986 à 1994, il anime des émissions d'accordéon sur "Radio Montmartre" puis des Thé dansants retransmis en direct avec Raymond Marcillac et Pascal Sevrant. Il participe à des émissions de radio et de télévision avec Danielle Gilbert, Jacques Martin, Jo Bazelli, Jacqueline Huet, le Grand Echéquier avec Fernand Raynaud et Marcel Marginier, France Inter, etc.


Noce de la Cabrettaïre
Marguerite Cérou, rue de Lappe

Puis c'est le cinéma avec "Le Guépiaud" avec Bernard Fresson, "Le nez d'un notaire" avec Pierre Cécaldi, le feuilleton "Le Procope" et les films de Pierre Bellemare et Annie Cordy.
Christian a enregistré trois albums "Christian Boissonnade sa Cabrette et son Accordéon", "Eternelle Cabrette" et "Les succès d'Auvergne". Lors de l'enregistrement, il se double à la cabrette et à l'accordéon. C'est l'un des premiers à avoir réalisé cette technique.
Il participe aussi à de nombreux enregistrements qui ont contribué à sa notoriété. Après 1966, il enregistre bien sûr avec Jean Cambon mais aussi avec Jean Ségurel, Robert Monédière et Gérard Delord. Il participe également à l'enregistrement du dernier 33 Tours de Jean Vaissade "de l'opérette" La Belle Auvergnate gravé en Belgique. Puis, son dernier 45 Tours avec la fameuse "Vallée du Bès".
Sans oublier :
- Altero Betti, le corrézien de Spontour,
- Roger Lotte, les Musigrains au théâtre des Champs Elysées,
- Jean-Claude Magloire "classique" Musettes des Indes Galantes de Rameau,
- André Thivet et José Rivera,
- Christian Dimachio "champion du monde d'accordéon" Album Auvergne,
- Jacky Noguez et Claude Nouyes,
- Cabrettes et Cabrettaïres,
- Michel Pomier et Jean-Luc Bussonnais pour "La Veillée Limousine",
- Raymond Boisserie.

Eternelle Cabrette...

Avec Christian Boissonnade, on a découvert un nouveau souffle musical, une nouvelle philosophie de la Cabrette, sa grelottière aux pieds et la jambe levée qui a contribué à assurer son succès. Et comme il aime à le dire, "je ne joue pas sur un pied, mais sur deux!..."

Victor Laroussinie
Juin 2005

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Dernière mise à jour de cette page le 19/05/2008